De nombreuses personnes sont étonnées d’apprendre que la chiropratique peut aider les enfants souffrant de troubles du développement neurologique. Si la chiropratique classique peut effectivement aider à réduire certains symptômes, la véritable transformation peut se faire grâce à certaines approches spécialisées de la chiropratique qui ne s’apprennent qu’en formation post-graduée. En Suisse, il n’existe que peu de chiropraticiens qui ont cette spécialité. Le Dr Pauli en fait partie. Il a accompagné plus d’un millier de familles.
Cette section vous en apprend davantage sur cette spécialité.
Elle contient des extraits d’un document préparé par le Dr Pauli dans le cadre d’un positionnement pour l’Assurance Invalidité et intitulé « Le rôle de la chiropratique dans la co-prise en charge des enfants souffrants de troubles neurodéveloppementaux en général et de TDAH en particulier ».
Ce document, ainsi que toutes les références scientifiques est disponible auprès du Centre NeuroFit.
Les troubles neurodéveloppementaux, c’est quoi?
Les troubles neurodéveloppementaux sont un terme générique qui inclut des troubles liés à un développement atypique du système nerveux. Il inclut les troubles du comportement – tel que le TDAH – , les troubles de l’apprentissage – tel que la dyslexie -, les troubles du langage, ou encore les troubles envahissants du développement, comme le spectre autistique. Ces troubles sont en augmentation et les études épidémiologiques suggèrent qu’environ 20 % des enfants présentent une forme ou une autre de trouble neurodéveloppemental.
En Suisse, il est estimé que 3-7 % des enfants souffre de TDAH, 5-12 % de dyslexie et 0.8-1 % de troubles du spectre autistique.
La prise en charge traditionnelle des troubles neurodéveloppementaux varie en fonction du diagnostic spécifique. Le TDAH est en général traité avec des mesures pharmacologiques et psychothérapeutiques. La dyslexie est traitée avec de la logopédie et des mesures de soutien scolaire. L’autisme est traité avec des interventions comportementales et des approches éducationnelles et de soutien spécialisé, parfois accompagné de médication. D’autres approches, telle que la psychomotricité, l’ergothérapie et la logopédie sont utilisées en fonction des besoins de l’individu.
Des études récentes ont clairement montré que les troubles neurodéveloppementaux avaient, comme mécanisme central, un retard dans la trajectoire développementale normotypique du cerveau. Autrement dit, le cerveau de ces enfants se développe selon la même trajectoire que celle des enfants qui se développent de manière neurotypique mais qu’ils atteignent les étapes de développement cortical avec un délai de 2 à 3 ans. Le TDAH est donc caractérisé par un retard de maturation corticale.
De nombreuses études d’imagerie cérébrale ont été faites pour tenter de trouver les différences qui distinguent le cerveau des enfants souffrant de troubles neurodéveloppementaux et les enfants qui se développent de manière neurotypique. Plusieurs zones cérébrales, telles que le cervelet, les ganglions de la base et le cortex préfrontal se retrouvent fréquemment impliquées. Pour résumer, notre compréhension actuelle est que les troubles neurodéveloppementaux se caractérisent par une immaturité de développement de certaines zones et réseaux neuronaux, qui donnent lieu à des problèmes de connectivité, un retard de développement cortical et un développement asynchrone des hémisphères.
Pourtant, les approches cliniques actuelles ne prennent que rarement en compte ces nouvelles données et la plupart des approches se limitent à la modulation des symptômes ou à apporter à l’enfant des aides compensatoires, plutôt que de s’adresser au retard de développement neurologique qui sous-tend à la problématique. Par exemple, la recherche a clairement montré que, si les médicaments utilisés pour traiter le TDAH étaient efficaces pour contrôler la symptomatologie d’hyperactivité et d’inattention, leur impact sur l’amélioration de la performance académique est contestable.
Prendre en charge l’ensemble des besoins de l’enfant
Les enfants souffrants de troubles neurodéveloppementaux ne présentent pas seulement des différences dans leur développement cérébral. Ils souffrent de nombreuses autres problématiques qui ne sont que rarement prises en compte dans le modèle actuel.
Problèmes moteurs
Les études suggèrent que jusqu’à 90 % des enfants souffrant de TDAH présentent des problèmes moteurs et que ces problèmes sont gravement sous-traités, avec près de 50 % des enfants ne recevant pas de prise en charge pour ces problématiques.
Une revue complète des troubles moteurs n’est pas nécessaire dans le cadre de ce rapport mais est disponible auprès de notre groupe en cas d’intérêt. Mentionnons cependant que ces problématiques incluent, mais ne sont pas limitées à :
- Signes neurologiques subtils (« neurological soft signs »)
- Syncinésies, dysrythmies et ralentissement moteur
- Présence de réflexes primitifs et posturaux non-inhibés
- Mauvais fitness physique et moteur
- Réduction de la stabilité du tronc
- Altération du contrôle postural et de l’équilibre
- Troubles vestibulaires
- Troubles oculomoteurs
- Troubles de la coordination et du séquençage et du timing moteur.
Problématiques nutritionnelles
Les symptômes du TDAH peuvent être exacerbés et, dans certains cas, même causés par des problématiques nutritionnelles. L’alimentation « occidentale » est associée à un risque deux fois plus élevé de développer un TDAH et la mise en place d’une alimentation Méditerranéenne de seulement 8 semaines permet déjà de réduire l’impulsivité des enfants TDAH. Les additifs alimentaires peuvent augmenter les comportements hyperactifs. Le sucre et les boissons sucrées sont associés à une augmentation du risque de développer un TDAH. Les diètes oligoantigénique réduisent le score TDAH, parfois de manière extrêmement significative chez un sous-groupe d’enfant. Les enfants TDAH présentent souvent des carences nutritionnelles en plusieurs micronutriments et la supplémentation peut aider à réduire les symptômes du TDAH.
Autres problématiques métaboliques
Les enfants diagnostiqués TDAH présentent souvent d’autres problématiques métaboliques qui peuvent inclure :
- Dysfonction de l’axe intestin-cerveau
- Perméabilité intestinale
- Dysfonctions mitochondriales
- Stress oxydatif et neuro-inflammation
- Auto-immunité neurologique
Sur la base des données précédentes, les progrès de la recherche montrent clairement que les enfants qui souffrent de troubles neurodéveloppementaux, quel que soit leur diagnostic spécifique, bénéficieront d’approches multidisciplinaires, composés de praticiens qui possèdent de solides connaissances dans les domaines du développement du cerveau et de la santé holistique et qui possèdent l’aptitude clinique de diagnostiquer les spécificités et les besoins uniques de chaque enfant.
Malheureusement, le modèle actuel est constitué de praticiens souvent confinés dans leur domaine, qui se focalisent sur les symptômes et qui ne prennent que rarement en compte les problématiques neurodéveloppementales, motrices, nutritionnelles et métaboliques.
Une des conséquences des limites du modèle actuel et que de nombreux parents cherchent des alternatives. La recherche montre que plus de 2/3 des parents ayant des enfants diagnostiqués avec un TDAH utilisent des médecines complémentaires et/ou alternatives pour leurs enfants.
Un point important pour notre discussion est que, en matière de traitement alternatif pour le TDAH, la chiropratique est l’une des approches alternatives et/ou complémentaires les moins utilisées, avec seulement 11 % des parents qui font suivre leur enfant TDAH par un chiropraticien. Pourtant, lorsque l’on demande aux parents d’évaluer l’efficacité des approches alternatives et/ou complémentaires, la chiropratique est reportée comme la plus bénéfique, avec 61 % des parents estimant qu’elle est utile.
Notre expérience clinique suggère que les parents utilisent une approche à l’aveuglette, essayant une thérapie, puis une autre, sans véritable plan d’action thérapeutique organisé, n’obtenant pas les résultats escomptés, à la merci de thérapeute qui ne connaissent pas vraiment les tenants et aboutissants de la problématique, les effets bénéfiques des divers traitements et quels sous-groupes d’enfants ont le plus de probabilité de bénéficier de quelle thérapie.
Par exemple, la supplémentation en oméga-3 est une approche alternative très à la mode pour le TDAH et de nombreux parents s’y essaient, ne réalisant pas que la recherche a montré que c’est approche n’est vraiment efficace – en définissant efficace par une amélioration d’au moins 50 % de la symptomatologie – que chez 12 % des enfants TDAH, et que les enfants qui ont la meilleure probabilité d’en bénéficier présentent un profil neurologique et métabolique qui peut facilement être identifié par un professionnel bien formé dans le domaine.
Maintenir le lien entre les soins médicaux et les approches alternatives et/ou complémentaires
Les docteurs en chiropratiques – et notamment ceux qui possèdent une spécialité postgraduée en neurologie fonctionnelle, en médecine fonctionnelle et du style de vie et en kinésiologie appliquée – sont des candidats idéaux pour amener des bénéfices supplémentaires à la collaboration clinique de la prise en charge des enfants TDAH. Grâce à leur formation médicale et à leur philosophie holistique de la santé, ils offrent une prise en charge qui peut soit complémenter la prise en charge médicale ou psychothérapeutique classique soit permettre de maintenir un lien avec le système médical pour les parents qui cherchent des options alternatives.
Les bénéfices apportés par les chiropraticiens spécialisés
Les docteurs en chiropratique formés en Suisse ont un profil unique qui leur permet d’amener de nombreuses compétences au sein de l’équipe de soin des enfants TDAH :
- Font partie des 5 professions médicales Suisses
- Éducation médicale de niveau universitaire, incluant le diagnostic médical.
- Perspective holistique et systémique permettant une « approche transdiagnostique »
- Expert dans les problématiques de motricité, qui sont sous-diagnostiquées et sous-traitées chez les enfants TDAH.
- Formé à la neurologie fonctionnelle et aux neurosciences appliquées.
- Longue expérience clinique dans l’application d’un modèle « hémisphérique »
- Formé à la nutrition, médecine fonctionnelle et/ou médecine du style de vie.
- Participation active à la recherche clinique émergente depuis plus de 20 ans.
Évidences scientifiques disponibles sur le rôle des chiropraticiens avec une formation postgraduée spécialisée
Un nombre croissant d’études montrent que les ajustements chiropratique et la manipulation vertébrale influencent la fonction cérébrale, incluant le cervelet et le cortex préfrontal, les zones les plus fréquemment impliquées dans le TDAH et dans les autres troubles neurodéveloppementaux.
Cela dit, la chiropratique est une profession, pas une technique.
En conséquence, lorsque l’on évalue le niveau d’évidences scientifiques disponibles en matière de bénéfices de la chiropratique chez les enfants souffrant de TDAH et d’autres troubles neurodéveloppementaux, il serait une grave erreur de réduire la chiropratique à la manipulation vertébrale.
Cette recherche doit inclure les bénéfices liés aux différentes compétences cliniques qu’apportent les Docteurs en chiropratique spécialisés. Dans nos formations postgraduées spécialisées, cela inclut, mais n’est pas limité
- Compétences diagnostiques en matière d’évaluation « transdiagnostique »
- Traitements manuels standards
- Traitements chiropratiques spécialisés
- Neurologie fonctionnelle et approches « hémisphériques »
- Modifications alimentaires et du style de vie.
- Compétences diagnostiques
En Suisse, les docteurs en chiropratique sont des professionnels médicaux de niveau universitaire. Leur formation inclut des centaines d’heures de neurologie. Des cours postgradués spécialisés dans les troubles neurodéveloppementaux sont disponibles et une certification en « Troubles Neurodéveloppementaux de l’Enfance » est disponible après examens par le « International Board of Functional Neurology » en association avec la « National University of Health Sciences » (États-Unis).
- Traitements manuels
Une revue des traitements manuels pour la population pédiatrique inclut une étude sur le TDAH et une étude sur l’autisme et conclut à des résultats inconclusifs, mais favorables. Une revue systématique datant de 2010 conclut que les soins chiropratiques pour le TDAH ne bénéficient que d’un niveau d’évidence peu élevé, principalement des études de cas et que des études plus rigoureuses doivent être entreprises pour déterminer l’efficacité du traitement chiropratique.
Les traitements manuels sont extrêmement importants dans la prise en charge des problèmes moteurs qui accompagnent les enfants souffrant de TDAH. Comme nous l’avons vu, cette problématique motrice est grossièrement sous-traitée. À l’heure actuelle, le lien direct entre la manipulation vertébrale per se sur les symptômes du TDAH est encore peu clair et inconclusif, mais plutôt favorable sur la base des études de cas publiées.
C’est pourquoi les chiropraticiens spécialisés suisses soutiennent le développement d’études cliniques rigoureuses et sont impliqués dans de la recherche clinique émergente depuis plus de 20 ans.
- Traitements chiropratiques spécialisés
Les chiropraticiens qui possèdent une formation post-graduée spécialisée dans la prise en charge des problématiques neurodéveloppementales utilisent des traitements manuels qui sont spécifiques à la profession chiropratique.
Trois membres de l’Association Suisse de Chiropratique ont publié des études sur les effets de ces traitements spécialisés dans le traitement des troubles neurodéveloppementaux.
Le travail clinique de Hort a été évalué en 1996 dans un « Travail de Mémoire » de la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation de l’Université de Genève. L’étude a utilisé des tests psychométriques conventionnels tels que WISC-R, Test Visuo-Moteur de Bender (ainsi que quatre autres mesures validées) avant et six mois après l’intervention clinique. Dix-neuf enfants âgés de 7.7 à 12.3 ans (âge médian de 9.6) ont été séparés en deux groupes, dix dans le groupe interventionnel et 9 dans le groupe de contrôle. Le groupe interventionnel a été traité par « réorganisation neurologique », développé par Barras (voir prochaine page). L’étude a montré des gains significatifs pour le groupe interventionnel pour les erreurs totales du test de lecture des pseudo-mots, pourcentage d’erreur à la dictée, pourcentage d’erreurs dans la production de test, ainsi que pour la dimension verbale du QI et le QI total. Dans l’ensemble, sur 13 mesures évaluées, 5 ont montré des changements significatifs. L’auteur souligne le besoin de faire des études plus détaillées et rigoureuses et conclut que « la réorganisation neurologique semble avoir des effets sur les stratégies cognitives utilisées par les enfants dans leur travail scolaire » .
En 2007, Pauli a publié une étude avant/après sur 9 patients adultes présentant des problèmes d’attention, soit comme plainte principale, soit comme plainte secondaires. Tous les patients avaient un déficit d’attention confirmé sur une mesure valide, le test de performance continue informatisé T.O.V.A. (Test of Variable of Attention). Sur ce test, le « Score TDAH » représente une mesure générale de performance. Tous les patients présentaient une problématique d’attention significative sur la portion visuelle du test. Le « Score TDAH » moyen pour les 9 patients était de – 3.74 (range – 8.54 à – 1.89), bien en dessous de la norme (norme = – 1.80 ou plus positif). Les patients ont reçu deux mois de « Network Spinal Analysis », une approche manuelle unique à la chiropratique qui utilise des forces très légères sur les zones d’attachements des méninges sur la colonne vertébrale. Après intervention, sur 5 variables évaluées, le changement moyen a été de 3.33 (range 2 – 4). Le « Score TDAH » s’est amélioré chez les 9 patients (100 %). Le temps de réaction s’est amélioré chez 7 patients (77 %) et la variabilité chez 6 patients (66 %). Le « Score TDAH » s’est amélioré de manière significative chez tous les patients. En fait, ce score s’est normalisé chez tous les patients sauf un. Après deux mois de soins « Network », le « Score » TDAH moyen était de + 0.213. Sur la base du test, un changement est considéré cliniquement significatif s’il atteint 0.5 points. Le changement moyen est passé de – 3.74 à + 02.13, ce qui représente un changement cliniquement significatif important (p = 0.008). La patiente dont le « Score TDAH » ne s’est pas normalisé a été envoyée chez son médecin généraliste pour des examens complémentaires et a été subséquemment diagnostiquée avec une maladie hypothyroïdienne précédemment non diagnostiquée.
En 2017, Pauli a publié une revue de la littérature concernant les effets de la chiropratique sur la dyslexie. La revue incluait 7 études qui remplissaient les critères d’inclusion, pour un total de 204 participants. Bien qu’aucune des études ne remplit tous les 7 critères méthodologiques utilisés pour évaluer la qualité des études, toutes les études suggèrent un effet positif des soins chiropratiques. L’auteur recommande que des études plus rigoureuses soient menées.
En 2009, Barras a publié une série de cas (« case series ») sur 157 enfants consécutifs, âgés de 6 à 13 ans et qui présentaient des troubles de retard de développement, y compris de la dyspraxie, de la dyslexie, des troubles de l’apprentissage et du TDAH. Les enfants ont été évalués avant et après l’intervention (soins chiropratiques de kinésiologie appliquée) par une logopédiste qualifiée utilisant des mesures psychométriques validées. La logopédiste n’a servi qu’à faire passer les tests psychométriques et n’a pas donné de traitement. Les tests psychométriques incluaient 8 mesures validées, comme par le test de la Figure Complexe de Rey et les logatomes (Borel-Maysonny). Ces 8 mesures ont permis d’évaluer une vingtaine de fonctions motrices et cognitives. Tous les enfants ont ensuite reçu des soins chiropratiques de type kinésiologie appliquée, plus précisément de la « réorganisation neurologique ». La « réorganisation neurologique », telle que développée par Barras, consiste en une série spécifique et séquentielle d’ajustements et de manipulations douces de la colonne vertébrale et du crâne, dans le but de restaurer le schéma optimal des mécanismes de facilitation et d’inhibition musculaire associés à la marche controlatérale. Cette approche est unique à la chiropratique et enseignée à un niveau post-gradué. Globalement, l’étude a montré une amélioration pour les 20 fonctions évaluées, bien que les enfants ne s’amélioraient pas tous sur les 20 fonctions. Bien que le profil des fonctions améliorées variait d’un enfant à l’autre, Barras a démontré par exemple une amélioration moyenne de 33 % de la mémoire visuelle chez tous les enfants.
- Neurologie fonctionnelle et approche hémisphérique
La neurologie fonctionnelle est une approche utilisée par les chiropraticiens qui ont une spécialité post-graduée. La neurologie fonctionnelle n’est pas une théorie, une forme de diagnostic ou une modalité de traitement. C’est plutôt un paradigme de la santé qui utilise des approches basées sur les preuves (« evidence-based ») pour quantifier et améliorer la fonction d’un individu en améliorant la neuroplasticité grâce à des stimulations somatosensorielle et de la réhabilitation.
Après un examen neurologique clinique approfondi, le praticien sélectionne l’approche la plus appropriée aux besoins spécifiques de l’individu. Cela peut inclure, mais n’est pas limité à, de la réadaptation de la marche, des exercices d’équilibre, de l’entraînement oculomoteur ou encore diverses stimulations sensorielles.
Dans le champ neurodéveloppemental de la neurologie fonctionnelle, le chiropraticien spécialisé utilise fréquemment diverses stratégies démontrées comme étant efficace dans les troubles neurodéveloppementaux et le TDAH, comme l’intégration et la réduction des réflexes primitifs, la réhabilitation vestibulaire, la réadaptation auditive ou encore le Métronome Interactif.
Plusieurs approches spécifiques ont été développées sur la base de l’expérience clinique en neurologie fonctionnelle. L’une des plus prometteuses est « l’approche hémisphérique ». Comme nous l’avons décrit précédemment, les enfants qui souffrent de retard de développement présentent un développement asynchrone des hémisphères cérébraux. L’approche hémisphérique se focalise sur l’identification et la réhabilitation de l’hémisphère le plus affecté dans son développement.
Cette approche a montré de nombreux bénéfices dans deux études cliniques, dont notamment le rattrapage de l’équivalent de deux années de retard dans divers domaines cognitifs en seulement 12 semaines de thérapie.
À l’heure actuelle, les effets de l’approche hémisphérique (des exercices d’ « équilibrage cérébral » ciblé sur un hémisphère) combiné à du Métronome Interactif chez les enfants TDAH sont en cours d’évaluation à l’Université d’Harvard sous la supervision du Professeur Martin Teicher, MD, PhD.
Cette petite étude clinique réunit 16 enfants TDAH âgé de 8 à 14 ans et deux groupes de contrôle, l’un constitué de 8 enfants du même âge mais se développant de manière neurotypique et 19 enfants TDAH qui reçoivent de la luminothérapie. Les résultats préliminaires, qui utilisent le « Quotient ADHD system » montrent des résultats positifs.
Pour 36 % des enfants, l’approche hémisphérique apporte des effets cliniques, comportementaux et neurobiologiques similaires au méthylphénidate (Ritalin). Les résultats préliminaires montrent également que plusieurs circuits neurobiologiques identifiés en prétraitement par IRM fonctionnel qui différenciait les enfants TDAH des enfants neurotypiques se sont normalisés grâce à l’intervention.
Les interventions utilisées dans l’étude de Teicher sont utilisées, avec d’autres, depuis de nombreuses années par les chiropraticiens spécialisés en troubles neurodéveloppementaux. Cependant, dans l’étude de Teicher, les exercices sont standardisés – en d’autres termes, tous les enfants font les mêmes exercices – et donnés par voie digitale. Les participants n’ont donc pas les bénéfices d’une approche spécifique à leurs besoins et d’une supervision par un clinicien.
- Diététique et modification du style de vie
Ce document n’a pas pour but d’être une revue complète des bénéfices de l’alimentation et des stratégies de modification du style de vie chez les enfants souffrant de TDAH. Ces stratégies thérapeutiques sont fréquemment utilisées par les chiropraticiens spécialisés. Il est important de noter ici que tous les enfants ne bénéficient pas également de ces approches et que certains sous-groupes en bénéficient tout particulièrement. Par exemple, environ 12 % des enfants TDAH vont avoir une réduction de plus de 50 % de leurs symptômes lorsqu’ils sont supplémentés avec des acides gras essentiels, alors qu’un autre sous-groupe peut obtenir une réduction de près de 80 % des symptômes en suivant une diète oligoallergénique. Plus de 70 % des enfants TDAH peuvent avoir une réduction de 30 % de leurs symptômes en prenant une supplémentation de micronutriments. Les bénéfices de l’alimentation et de la supplémentation peuvent être augmentés par l’activité physique et des approches de gestion du stress.
Les chiropraticiens spécialisés en troubles neurodéveloppementaux ont les compétences cliniques pour harmoniser les approches naturelles aux sous-groupes d’enfants qui vont y répondre le mieux.
Encore plus important, notre expérience clinique et collaborative nous a montré qu’en améliorant le fonctionnement neurologique de diverses zones cérébrales impliquées dans le TDAH et dans d’autres troubles neurodéveloppementaux, nous pouvons potentialiser et faciliter le travail des autres professionnels, que cela soit en matière d’interventions pharmacologiques, psychologiques ou encore de remédiation.
Notre expérience – de près de 30 ans pour certains – nous a montré que certains enfants obtiennent des bénéfices majeurs de notre approche, bien au-delà de ce qu’ils ont pu obtenir d’autres approches. Nous avons besoin de plus de recherche et d’une meilleure collaboration interprofessionnelle pour pouvoir identifier les caractéristiques de ce sous-groupe d’enfants. Les identifier et les diriger directement vers ce type de prise en charge permettrait d’éviter des dépenses inutiles au système de santé et une énorme frustration, perte d’espoir et stress émotionnel aux familles.