Anatomie du dos et de la colonne vertébrale

Par Dr Yannick Pauli

La colonne vertébrale

Votre colonne vertébrale, ou épine dorsale, est la structure de soutien centrale de votre corps. Elle relie les différentes parties de votre système neuro-musculo-squelettique. Votre colonne vertébrale vous aide à vous asseoir, à vous tenir debout, à marcher, à vous tordre et à vous pencher.

 

La colonne vertébrale est un fin compromis entre protection et mouvement.

 

Dans sa fonction de protection, la colonne vertébrale protège la moelle épinière, véritable autoroute de communication entre le cerveau et le reste du corps. La meilleure protection serait un tube. Mais imaginez votre vie si votre colonne vertébrale était un tube plutôt qu’une série de segments mobiles. Il vous serait impossible de vous pencher, de vous asseoir ou même de vous tourner. Quoi que, pour certaines personnes, qui sont complètement bloquées ou qui ont beaucoup d’arthrose de la colonne, la sensation d’avoir un tube plutôt qu’une colonne souple n’est malheureusement pas très éloignée de la réalité.

 

Pour permettre le mouvement, la nature a donc sélectionné un empilement de petits os, appelés vertèbres. Ils procurent la mobilité vertébrale si nécessaire à une vie active. Ce faisant cependant, une partie de la protection est sacrifiée et des blessures peuvent intervenir.

 

Les parties de la colonne vertébrale

Une colonne vertébrale en bonne santé présente trois courbes naturelles en forme de « S ». Ces courbes absorbent les chocs subis par votre corps et protègent votre colonne contre les blessures.

 

Au niveau cervical et lombaire, la courbe est concave vers l’arrière, est les anatomistes appellent cela une lordose. Au niveau dorsal, la courbe est convexe vers l’arrière, portant ainsi le nom de cyphose.

 

Votre colonne vertébrale est composée de structures différentes :

 

  • Les vertèbres : la colonne vertébrale est composée de 33 vertèbres (petit os) empilées les uns au-dessus des autres. La partie arrière de chaque vertèbre possède un orifice. Une fois empilés, ces orifices forment le canal vertébral ou rachidien, une forme de tunnel qui abrite la moelle épinière. L’empilement de deux vertèbres, séparées par un disque intervertébral, laisse deux ouvertures de chaque côté – appelées trous de conjugaison – qui permettent aux nerfs de sortir. La partie du nerf proche du disque s’appelle la racine du nerf. Elle est particulièrement susceptible aux hernies discales. L’empilement de deux vertèbres, et le disque qui les séparent, s’appelle un segment moteur. Il permet le mouvement. Les vertèbres de la partie inférieure de la colonne sont soudées entre elles, formant le sacrum et le coccyx.

 

  • Les facettes articulaires : les facettes articulaires sont les articulations postérieures de la colonne. Il y en a deux et elles sont formées par la facette de la vertèbre supérieure et celle de la vertèbre inférieure. Comme les autres articulations, elles sont recouvertes de cartilage (un tissu conjonctif glissant) qui permet ainsi de les faire coulisser entre elles pour permettre le mouvement. Elles apportent à la fois stabilité et mouvement. Lorsqu’elles s’usent, ces vertèbres peuvent développer de l’arthrose.

 

  • Les disques intervertébraux : véritables petits coussinets plats et ronds, les disques intervertébraux se situent entre chaque vertèbre (sauf entre la première et la deuxième cervicale). Ils aident à stabiliser la colonne, tout en lui permettant du mouvement et en jouant un rôle d’amortisseur. Chaque disque est formé par un centre visqueux et gélatineux (le noyau pulpeux), lui-même entouré d’un anneau externe plus rigide (l’anneau fibreux). Les disques vertébraux sont soumis à une pression et des torsions constantes en fonction de nos positions. Si notre musculature ne nous apporte pas une bonne stabilité, les disques intervertébraux sont mis encore plus à contribution. Progressivement, l’anneau pulpeux peut se déchirer et laisser s’échapper une partie de la substance gélatineuse du noyau. C’est la fameuse hernie discale qui, si elle comprime un nerf peut provoquer une sciatique ou des douleurs irradiantes dans le bras ou le thorax.

 

  • La moelle épinière et les nerfs rachidiens : la moelle épinière est une colonne de nerf qui se déplace dans le canal rachidien. Elle émerge du tronc cérébral. À chaque niveau vertébral, elle émet deux nerfs rachidiens qui sortent par les trous de conjugaison formés par l’empilement de deux vertèbres. Il existe trente et une paire de nerfs rachidiens. Ces nerfs permettent la communication entre le cerveau et le reste du corps.

 

  • Les tissus mous : la colonne est entourée de tissus mous comme les ligaments qui soutiennent les vertèbres entre elles et les tendons des muscles du dos qui viennent s’attacher sur la colonne. Toutes ses structures peuvent s’irriter et s’enflammer et provoquer des douleurs.

 

Anatomie d’une vertèbre

La forme des vertèbres varie en fonction d’où elles se trouvent dans la colonne. Nous avons pris comme exemple une vertèbre lombaire pour vous montrer les caractéristiques anatomiques d’une vertèbre.

 

Une vertèbre se compose d’un corps vertébral, qui compose la partie avant de la vertèbre.

 

La partie arrière de la vertèbre se compose d’un processus épineux et de processus transverse. Ces structures servent d’attachement aux muscles et ligaments. Ils servent également de base aux facettes articulaires, qui vont servir d’articulation entre deux vertèbres. La partie arrière et avant de la vertèbre est jointe par les pédicules. Ces pédicules déterminent une ouverture appelée le trou vertébral dans lequel passe la moelle épinière.

 

La partie supérieure et inférieure du corps vertébral s’appelle les plateaux vertébraux. Certains anatomistes, dont le Dr McGill, considèrent ces structures comme appartenant au disque vertébral.

 

Les différentes parties de la colonne

Les 33 vertèbres qui forment la colonne constituent cinq zones distinctes. Ces segments partent du cou et descendent vers les fesses :

 

  • La colonne cervicale (nuque) : la partie supérieure de la colonne vertébrale comporte sept vertèbres (C1 à C7). Ces vertèbres cervicales vous permettent de tourner, d’incliner et de hocher la tête. La colonne cervicale est concave vers l’arrière, formant une lordose

 

  • La colonne dorsale (milieu du dos) : la partie dorsale de la colonne vertébrale comprend 12 vertèbres (D1 à D12). Les côtes s’attachent sur la colonne vertébrale, qui est concave vers l’arrière, formant une cyphose.

 

  • La colonne lombaire (bas du dos) : la colonne lombaire est constituée de 5 vertèbres (L1 à L5). Elle soutient les parties supérieures de la colonne. Comme elle a plus de poids à supporter, ses disques intervertébraux sont plus épais. Elle est concave vers l’arrière, formant une lordose. Au vu du poids qu’elle doit supporter, c’est dans la zone basse de la colonne (L4, L5 et S1) que se produisent le plus souvent les hernies discales.

 

  • Le sacrum : cet os de forme triangulaire soutient le reste de la colonne et est attaché aux hanches par les os sacro-iliaques. On dit souvent que les 5 vertèbres sacrées sont soudées entre elles. Des études ont montré que, chez certaines personnes, le sacrum n’est pas toujours complètement fusionné et peut présenter des disques.

 

  • Le coccyx : le coccyx est composé de 4 petites vertèbres soudées qui sont comme un vestige de la queue des animaux.

 

La musculature du dos

En tant que structure osseuse centrale supportant le poids du corps, la colonne vertébrale subit des forces considérables. Les muscles qui s’attachent à la colonne vertébrale aident à maintenir la posture et à répartir la force inégale du poids du corps.

 

Ils sont divisés en groupes de muscles dorsaux extrinsèques et intrinsèques.

 

Les muscles dorsaux extrinsèques

Les muscles extrinsèques sont divisés en groupes superficiels et intermédiaires.

 

Les muscles extrinsèques superficiels comprennent les trapèzes, latissimus dorsi, élévateur de l’omoplate, rhomboïdes majeur et mineur. Ils sont impliqués dans le mouvement des membres supérieurs, y compris les mouvements de l’omoplate et de l’humérus (os du bras).

 

Les muscles extrinsèques intermédiaires comprennent le serratus postérieur supérieur et serratus postérieur inférieur). Ils sont impliqués dans le mouvement des côtes pour faciliter la respiration.

 

Les muscles dorsaux intrinsèques

Les muscles dorsaux intrinsèques sont séparés en trois couches : superficielle, intermédiaire et profonde. Ces muscles participent aux mouvements de la colonne vertébrale et au maintien des postures.

 

La couche superficielle est constituée du splenius capitis et du splenius cervicis. Ils sont impliqués dans la flexion, la rotation et l’extension du cou.

 

La couche intermédiaire est principalement constituée des muscles paraspinaux ou erector spinae, l’iliocostalis, le longissimus et le spinalis. Comme leur nom l’indique, les erector spinae jouent un rôle important dans l’extension et le maintien de la courbure centrale de la colonne vertébrale.

 

La couche profonde des muscles dorsaux intrinsèques comprend les muscles situés entre les apophyses transverses et épineuses des vertèbres. On les appelle parfois les muscles paravertébraux et ils comprennent trois groupes de muscles. Le semispinalis est le plus superficiel ; il est proéminent dans les régions thoracique et cervicale. Le multifidus est profond par rapport au semispinalis et est plus important dans la région lombaire. Enfin, les muscles rotateurs sont les plus profonds et les plus proéminents dans la région thoracique.

 

Les muscles sous-occipitaux sont situés dans la partie profonde de la nuque. Ils s’attachent au crâne et sont impliqués dans le mouvement de la tête. Il s’agit des muscles qui composent le triangle sous-occipital : le grand droit postérieur, l’obliquus capitis supérieur et l’obliquus capitis inférieur. Les anatomistes ont découvert que ces petits muscles étaient directement connectés à la dure-mère (un des tissus des méninges) par de petites bandes fibreuses. Lorsqu’ils sont sous tensions, ils peuvent donc provoquer des maux de tête.

About the author

Dr. Yannick Pauli

Chiropraticien à Lausanne, le Dr Yannick Pauli pratique avec passion sa profession depuis plus de 20 ans en proposant une vision holistique et globale à sa prise en charge. Il est l’auteur du « Guide Complet de la Chiropratique » et anime chaque semaine une émission d’information santé sur sa chaîne YouTube « Une Grande Vie.