Qu’est-ce que la chiropratique ?

Par Dr Yannick Pauli

La chiropratique est une profession médicale de formation universitaire qui a pour objectif de restaurer et d’améliorer la santé en mettant l’accent sur les capacités innées du corps humain à se guérir sans médicaments et sans chirurgie.

La pratique de la chiropratique met l’accent sur la relation intime entre la structure – en particulier du squelette axial (bassin, colonne vertébrale et crâne) – et la fonction du système nerveux et comment cette relation affecte la préservation et la restauration de la santé. La chiropratique est donc une approche globale et holistique naturelle qui est à la fois thérapeutique et préventive et s’inscrit au cœur d’un mode de vie sain.

La chiropratique reconnaît que le corps humain possède ses propres capacités de guérison. Cette guérison est dépendante du bon fonctionnement du système nerveux.

La chiropratique n’utilise donc ni médicament ni chirurgie pour soigner les gens. Elle a pour objectif de restaurer l’intégrité biomécanique et neurologique de l’individu pour libérer le potentiel de guérison, quel que soit l’âge ou le statut médical du patient.

La chiropratique permet au corps et à l’esprit de fonctionner dans de meilleures conditions, permettant ainsi de soulager les douleurs, améliorer la fonction de la colonne vertébrale, du dos et, au travers de l’influence du système nerveux, du corps dans son ensemble, pour optimiser la santé.

La chiropratique met un accent tout particulier sur la perte d’intégrité de la relation entre la biomécanique et le système nerveux. Au niveau de la colonne vertébrale, les chiropraticiens appellent cette perte d’intégrité une subluxation vertébrale.

Une subluxation vertébrale est un complexe de changements biomécaniques fonctionnels et/ou structurels et/ou pathologiques qui compromet l’intégrité neurologique, influence la santé générale et amenuise le potentiel de régulation et de guérison du patient.

En ajustant les subluxations vertébrales, le chiropraticien restaure la biomécanique et le fonctionnement du système nerveux, permettant une meilleure communication entre le cerveau et le reste du corps. L’organisme peut ainsi relancer ses propres mécanismes innés de guérison.

En Suisse, la chiropratique est l’une des 5 professions médicales de niveau universitaire selon la loi fédérale sur les professions médicales universitaires (LPMéd). Son mandat dans le système de soin inclut le diagnostic, le traitement, la prévention et la réhabilitation des troubles fonctionnels et des syndromes douloureux du système neuro-musculosquelettique. Elle combine et intègre le diagnostic médical et les traitements manuels.

Bien que le public associe la chiropratique à la fameuse manipulation vertébrale avec craquement, le rôle de la chiropratique va bien au-delà du diagnostic et du traitement des syndromes douloureux de l’appareil locomoteur. Le traitement chiropratique permet non seulement de soulager, mais aussi de maintenir un bon fonctionnement tout au long de sa vie et de promouvoir la santé. La chiropratique joue donc également un rôle important dans la prévention des maladies modernes et dans la promotion de la santé.

L’origine du terme « chiropratique »

Le terme chiropratique est composé de deux mots issus du grec ancien. Le premier, le préfixe chiro-, vient du mot « kheir » qui veut dire la « main ». Le deuxième, -pratique, vient du mot « praxis » qui veut dire « action ou pratique ». Le mot chiropratique veut donc dire « pratiquer avec les mains ». C’est le Dr Daniel David Palmer, le fondateur de la chiropratique, qui a choisi ce terme sur ses bases étymologiques en appelant sa nouvelle profession « chiropractic ».

Chiropratique ou chiropraxie

En fonction du pays où vous cherchez des informations, les termes de chiropratique ou de chiropraxie peuvent être employés. Le mot chiropratique est plutôt utilisé en Suisse et au Québec, alors que les français utilisent plutôt le mot chiropraxie (comme par exemple dans l’appellation « Association Française de Chiropratique ».

L’important n’est bien évidemment pas le nom, mais les nombreux bienfaits que cette profession peut vous apporter.

Pourquoi dit-on chiropracteur ?

La différence d’utilisation entre chiropratique et chiropraxie se fait également ressentir au niveau du terme utilisé pour décrire ses praticiens.

Le mot « chiropracteur » est une traduction littérale du mot anglais « chiropractor ». Il est surtout utilisé en France. Le mot « chiropraticien » est surtout utilisé en Suisse et au Québec. Il a l’avantage de faciliter le féminin « chiropraticienne ».

Une profession d’une grande diversité

La profession chiropratique fait preuve d’une grande diversité.

La chiropratique a été fondée en 1895 par le Dr Daniel David Palmer, un autodidacte érudit d’anatomie qui possédait des connaissances très avancées pour l’époque. Avant de fonder la chiropratique, le Dr Palmer était magnétiseur. Le Dr Palmer a donc développé cette profession sur la base d’une philosophie holistique et vitaliste de la vie. Le vitalisme est une tradition philosophique pour laquelle le vivant ne peut pas être réduit à des propriétés physico-chimiques. Le vivant est animé d’un principe vital. En ce sens, la chiropratique est très similaire aux grandes traditions orientales qui reconnaissent un principe vital qui ne peut pas être quantifié scientifiquement, comme le prana ou le Qi. La chiropratique de Palmer avait donc une dimension énergétique et spirituelle à sa pratique est une partie de la profession conservent encore ces principes fondateurs.

Dès les années 1910, suite aux rapports Flexner et au développement de la recherche, les approches non médicales ont été classées comme non-scientifiques par la médecine politiquement dominante. La médecine classique a tenté d’éliminer toutes ces autres professions, comme l’ostéopathie, la chiropratique, la naturopathie, l’homéopathie et bien d’autres encore. Aux États-Unis, la naturopathie a failli quasiment disparaître. Les grands principes de traitement naturel ont été maintenus par une partie de la profession chiropratique qui s’est petit à petit positionnée comme « praticien de santé » pour qui l’objectif est de promouvoir la santé. Cette continuité à permis à la naturopathie de renaître et de croître dès les années 1950. Une proportion de la profession chiropratique a donc gardé cette perspective holistique de promotion de la santé en incluant des approches allant au-delà des thérapies manuelles. Aux États-Unis, les chiropraticiens ayant favorisé cette approche holistique ont joué et jouent encore un rôle central dans le développement de la médecine fonctionnelle.

Pendant longtemps, la profession chiropratique était divisée entre les « straight » – les praticiens qui n’utilisaient que l’ajustement chiropratique pour libérer le potentiel de guérison du patient – et les « mixers » qui ajoutaient d’autres thérapies naturelles à leur prise en charge. Cette distinction est désormais grandement historique.

Dès les années 1970 et le développement de programmes scientifiques sur les problèmes de dos qui ont commencé à s’intéresser à la manipulation vertébrale comme moyen thérapeutique et l’inclusion aux États-Unis de la chiropratique dans les plans de remboursement des assurances, une partie de la profession chiropratique a pris la voie d’une spécialité des syndromes douloureux de l’appareil locomoteur, notamment de la colonne vertébrale. En Suisse, la profession chiropratique a essentiellement suivi ce mouvement. La majorité des chiropraticiens se considèrent comme des spécialistes de la prise en charge manuelle des problèmes de dos. Certains, plus rares, ont gardé une vision holistique et globale. Le Dr Pauli en fait partie.

Votre expérience de la chiropratique va donc être différente en fonction du type de chiropraticien que vous consultez. Votre chiropraticien peut se limiter à une prise en charge mécanique ou pourra vous proposer une prise en charge plus holistique ou encore plus axée sur le système nerveux, voire même énergétique.

Avant de prendre un rendez-vous, n’hésitez pas à parcourir le site Internet du praticien ou appelez-le pour lui demander sa philosophie en fonction de vos préférences.

L’endroit où vous vivez dans le monde va donc définir le contexte global de la chiropratique. Aux États-Unis, un chiropraticien peut soit être traditionnel, soit un spécialiste du dos, soit un praticien de médecine naturelle. Vous trouverez également une proportion grandissante de chiropraticien spécialisé en neurologie fonctionnelle.

En France, vous aurez le choix entre une majorité de spécialiste du dos et une proportion de praticiens plus traditionnels.

En Suisse, à quelques exceptions près de praticiens holistiques, la tendance est à la spécialisation dans les maux de dos et autres troubles de l’appareil locomoteur, notamment depuis que la chiropratique est enseignée à l’Université de Zurich et que la formation clinique peut se faire au CHUV de Lausanne.

About the author

Dr. Yannick Pauli

Chiropraticien à Lausanne, le Dr Yannick Pauli pratique avec passion sa profession depuis plus de 20 ans en proposant une vision holistique et globale à sa prise en charge. Il est l’auteur du « Guide Complet de la Chiropratique » et anime chaque semaine une émission d’information santé sur sa chaîne YouTube « Une Grande Vie.